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Guide·20 avril 2026·9 min de lecture

Rechercher un pseudo : Sherlock, Maigret et 300 sites

Comment trouver tous les comptes liés à un pseudo, gratuitement et sans installation. Sherlock, Maigret, WhatsMyName expliqués pas à pas, avec la méthode pour écarter les homonymes.

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Ce qu'un pseudonyme permet réellement de trouver

Un pseudonyme est le point de départ le plus rentable d'une investigation en sources ouvertes. Les gens réutilisent le même identifiant pendant des années, d'un forum de jeu à un compte professionnel, souvent sans y penser. Cette habitude laisse une trace qui traverse des dizaines de plateformes.

Mais elle crée aussi le principal piège du domaine : un même pseudo peut appartenir à plusieurs personnes. « alexdupont92 » sur GitHub et « alexdupont92 » sur un forum de pêche ne sont pas nécessairement le même individu. Toute la difficulté du travail consiste à séparer la personne réelle des homonymes, et c'est ce que la plupart des guides passent sous silence.

Avant de commencer, une précaution : collecter des informations sur une personne identifiable relève du RGPD, quelle que soit la facilité technique de l'opération. Votre finalité doit pouvoir être justifiée.

Étape 1 : énumérer les comptes existants

L'objectif de cette première passe n'est pas de conclure, mais de constituer une liste brute. Vous trierez ensuite.

Sans rien installer

→ WhatsMyName teste un pseudo sur plus de 600 sites depuis le navigateur. C'est le point d'entrée le plus rapide, et le seul qui ne demande aucune configuration. Il fonctionne par détection de la réponse HTTP de chaque plateforme. → Namechk couvre un ensemble différent, orienté réseaux sociaux et noms de domaine. Utile en complément, car les deux outils ne se recoupent qu'en partie. → UserSearch.org agrège plusieurs sources et présente les résultats par catégorie de site.

En ligne de commande

→ Sherlock reste la référence. Il couvre environ 400 plateformes et s'exécute en une commande :

sherlock nom_utilisateur

→ Maigret va plus loin : il couvre plus de 3 000 sites et, surtout, il extrait les informations des profils trouvés au lieu de se contenter de signaler leur existence. Nom affiché, biographie, ville, liens sortants, date d'inscription. C'est cette extraction qui fait la différence à l'étape suivante.

maigret nom_utilisateur --html

→ Blackbird produit des rapports exportables en JSON et PDF, pratique quand vous devez documenter une enquête.

Comment lire les résultats

Sherlock et ses équivalents produisent des faux positifs. Certaines plateformes renvoient une page valide pour n'importe quel nom, ce qui fait croire à l'existence d'un compte. Ouvrez systématiquement les profils annoncés plutôt que de faire confiance à la liste.

À l'inverse, un compte peut exister sans être détecté : les sites qui exigent une connexion pour afficher un profil échappent à ces outils.

Étape 2 : séparer la personne des homonymes

C'est l'étape qui distingue une enquête sérieuse d'une simple liste de liens. Vous avez maintenant vingt ou trente profils. Combien appartiennent réellement à la même personne ?

Les signaux forts

La photo de profil identique sur deux plateformes est le lien le plus solide. Vérifiez-la par recherche inversée avec → Yandex Images, nettement supérieur aux autres sur les visages, puis → TinEye, qui trie par date de première apparition.

Une biographie recopiée mot pour mot d'une plateforme à l'autre. Les gens réutilisent leur texte de présentation.

Un détail rare et vérifiable présent des deux côtés : un employeur précis, un modèle de matériel, une ville peu peuplée, un identifiant secondaire.

Les signaux faibles, à ne jamais suffire seuls

Une ville commune, un employeur courant, une tranche d'âge, un centre d'intérêt répandu. Ces éléments confortent une hypothèse déjà établie, ils ne l'établissent pas.

La règle de travail : deux sources indépendantes donnant le même détail rare valent mieux que dix sources répétant la même banalité.

Quand ça ne converge pas

Si aucun signal fort ne relie les profils, écrivez-le explicitement dans vos notes. Un doute documenté vaut infiniment mieux qu'une conclusion fausse, et c'est aussi ce qui protège votre travail si quelqu'un le relit.

Étape 3 : remonter vers une adresse e-mail

L'e-mail est le pivot qui ouvre le reste de l'enquête, parce qu'il donne accès aux fuites de données.

→ Epieos part d'une adresse et révèle les services associés, dont le compte Google et ses avis publics. → Holehe teste si une adresse est enregistrée sur plus de 120 sites, en exploitant le comportement des formulaires de réinitialisation. Point important : il n'envoie pas d'e-mail à la cible et ne l'alerte donc pas. → GHunt exploite spécifiquement les comptes Google, souvent riches en avis Maps géolocalisés et en photos oubliées.

Une fois l'adresse en main, → Have I Been Pwned et → Intelligence X indiquent dans quelles fuites elle apparaît. Une fuite ancienne révèle fréquemment un pseudo antérieur, que vous pouvez réinjecter à l'étape 1.

Étape 4 : explorer les plateformes une par une

Les outils automatiques manquent ce qui demande une connexion ou une syntaxe particulière.

Sur → Reddit, l'analyse de l'historique d'un compte révèle les sous-forums fréquentés, les horaires d'activité et souvent la région, par les communautés locales.

Sur → Instagram, → TikTok ou → VK, testez directement l'adresse du profil plutôt que la recherche interne, qui filtre beaucoup.

→ Aware Online propose des outils de recherche ciblés par plateforme, utiles quand la recherche native est limitée.

Enfin, une recherche sur un moteur classique avec le pseudo entre guillemets remonte souvent des forums que les outils spécialisés ignorent. Les guillemets forcent la correspondance exacte.

Étape 5 : archiver avant que ça ne disparaisse

Un profil peut être modifié ou supprimé dès que la personne se sait observée. Ce que vous n'archivez pas, vous le perdez.

→ archive.today fige une page à la demande et produit un instantané daté. → Perma.cc, géré par Harvard, génère des liens citables qui résistent à la disparition des sources. → Hunchly capture automatiquement chaque page visitée pendant la session, avec horodatage et empreinte. C'est le choix des enquêteurs qui doivent produire des preuves recevables.

Archivez au moment où vous trouvez, pas à la fin.

Les erreurs qui reviennent le plus souvent

Conclure sur un seul signal. C'est de loin la première cause d'erreur d'identification.

Interagir avec les profils. Un abonnement, une visite de profil LinkedIn, une demande de contact : autant de manières de révéler votre démarche. Restez en observation passive.

Rester connecté à ses propres comptes. Les résultats de recherche sont personnalisés, et certaines plateformes signalent les consultations. Travaillez en navigation privée, déconnecté.

Prendre les données d'une fuite pour la réalité d'aujourd'hui. Une fuite de 2019 décrit la situation de 2019.

Aller plus loin

Le copilote d'enquête construit ce plan automatiquement à partir du pseudo que vous lui donnez, avec chaque outil déjà pré-rempli et les pièges de raisonnement signalés au fil des étapes.

Pour vous entraîner sans risque, le challenge « Profil Fantôme » de la sandbox reprend exactement cette méthode sur un cas fictif.

Et si votre point de départ n'est pas un pseudo mais une photo, une adresse e-mail ou un numéro, les guides correspondants sont sur le blog.

Pratiquer ces techniques

Mettez en œuvre ce que vous venez d'apprendre avec nos outils interactifs.

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