Comment retrouver tous les comptes liés à un pseudonyme ?
On teste le pseudonyme sur des centaines de plateformes avec un chercheur de pseudonymes, puis on vérifie chaque résultat à la main. L'étape de vérification n'est pas optionnelle : ces outils signalent un compte dès que la page existe, or beaucoup de sites renvoient une page valide pour n'importe quel nom. Un pseudonyme courant produit mécaniquement des homonymes, et rien dans l'outil ne distingue la bonne personne de son homonyme.
Que peut-on apprendre d'une simple adresse e-mail ?
Une adresse e-mail révèle surtout où elle a servi : les services sur lesquels un compte existe, les fuites de données qui l'ont exposée, et parfois un nom ou une photo de profil laissés publics par un service tiers. Les outils procèdent par interrogation du formulaire de récupération de mot de passe, ce qui explique leur fragilité : un service qui modifie ce formulaire rend l'outil muet du jour au lendemain, sans que rien ne l'annonce.
Comment géolocaliser une photo sans métadonnées ?
On liste les éléments fixes visibles, puis on les cherche dans une base géographique interrogeable plutôt que sur une carte à l'œil. Un clocher, une ligne électrique, un type de glissière de sécurité, une enseigne : chacun réduit la zone. Les requêtes sur les données cartographiques ouvertes permettent de demander, par exemple, tous les ronds-points à moins de cent mètres d'une voie ferrée dans une région, ce qui transforme une recherche visuelle interminable en une courte liste à vérifier.
Que peut-on faire d'un numéro de téléphone ?
On identifie l'opérateur et le pays, on vérifie si le numéro est rattaché à des comptes de messagerie, et on cherche s'il apparaît dans des annuaires ou des annonces publiques. L'information d'opérateur est moins fiable qu'elle n'en a l'air à cause de la portabilité : un préfixe désigne l'attributaire d'origine, pas l'opérateur actuel. Les services qui prétendent donner un nom à partir d'un numéro reposent le plus souvent sur des carnets d'adresses téléversés par des utilisateurs, donc sans consentement des personnes concernées.
Comment enquêter sur un nom de domaine ou un site web ?
Quatre couches se lisent dans l'ordre : l'enregistrement du domaine et son historique, les certificats émis pour lui, les sous-domaines qu'il expose, puis les traces de ses pages dans les archives du web. L'historique compte plus que l'état actuel : le propriétaire d'un domaine est souvent masqué aujourd'hui alors qu'il apparaissait en clair avant la généralisation de l'anonymisation, et les certificats passés révèlent des noms de machines que l'on a cessé de publier.
Comment enquêter sur une entreprise et savoir qui la détient ?
On part du registre du commerce du pays d'immatriculation, qui est la seule source faisant foi, avant tout agrégateur. Le registre donne les dirigeants, les comptes déposés et l'historique des statuts ; les agrégateurs servent ensuite à relier une personne à ses autres mandats, dans d'autres pays. La difficulté réelle n'est pas de trouver la société mais de remonter la chaîne de détention quand elle traverse une juridiction qui ne publie pas ses bénéficiaires effectifs.
Peut-on identifier quelqu'un à partir d'une plaque d'immatriculation ?
Pas en Europe par des sources ouvertes : le fichier des immatriculations n'est pas public et son accès est réservé à des autorités et à des professionnels habilités. Ce qu'une plaque donne en revanche, c'est le pays et parfois la région d'émission, la période d'attribution, et la possibilité de retrouver le véhicule sur des photos publiées. Les services promettant un nom contre une plaque relèvent de l'arnaque ou du fichier détourné.
Comment suivre un portefeuille de cryptomonnaie ?
On lit la chaîne, qui est publique : un explorateur donne l'intégralité des transactions d'une adresse, leurs montants et leurs dates. La difficulté n'est pas la lecture mais le passage de l'adresse à la personne, qui ne se fait qu'aux points de contact avec le monde réglementé, typiquement une plateforme d'échange soumise à l'identification de ses clients. Les services de mélange brouillent la piste sans l'effacer, et l'analyse de regroupement d'adresses reste souvent possible.
Une adresse IP permet-elle de localiser quelqu'un ?
Elle localise un point de sortie de réseau, pas une personne, et souvent à l'échelle de la ville ou du pays seulement. Les bases de géolocalisation d'adresses IP se trompent régulièrement, parce qu'elles reposent sur des déclarations d'opérateurs et sur des blocs réattribués ; un opérateur mobile peut faire passer des milliers d'abonnés par un même point. Ce qu'une adresse IP donne de solide, c'est l'opérateur, le système autonome et le type d'hébergement.