32questions sur l'OSINT

Les questions qui se posent avant le choix d'un outil : ce qu'est l'OSINT, ce que la loi permet, ce qui rend une conclusion fiable. Pour le reste, le glossaire définit le vocabulaire et les fiches de tâches donnent les outils dans l'ordre où l'on s'en sert. English version

Ce qu'est l'OSINT

Qu'est-ce que l'OSINT ?

L'OSINT, ou renseignement de sources ouvertes, consiste à produire une information vérifiée à partir de sources accessibles à tous : registres publics, réseaux sociaux, imagerie satellite, archives du web, documents d'entreprise. Ce qui le distingue d'une simple recherche, c'est la méthode : une source n'est retenue qu'après recoupement, et le chemin suivi est consigné pour qu'un tiers puisse le refaire. L'accès libre à la source est la condition, pas la finalité.

Quelle est la différence entre OSINT, SOCMINT, GEOINT et HUMINT ?

Ces sigles désignent la nature de la source, pas le niveau de difficulté. L'OSINT couvre toute source ouverte ; le SOCMINT se limite aux réseaux sociaux ; le GEOINT travaille l'imagerie et la donnée géographique ; le HUMINT repose sur des personnes, et sort donc des sources ouvertes. Une enquête sérieuse mêle les trois premiers : une photo géolocalisée par GEOINT se date souvent par le SOCMINT du compte qui l'a publiée.

L'OSINT est-il du piratage ?

Non : l'OSINT s'arrête là où commence l'accès non autorisé, et la frontière est nette. Lire une page publiée, consulter un registre, examiner une photo diffusée relèvent de l'OSINT. Essayer un mot de passe, exploiter une faille, entrer dans un espace dont l'accès est restreint, même par une protection faible, relèvent de l'accès frauduleux à un système. Le fait qu'un outil soit répertorié comme outil d'OSINT ne rend pas tous ses usages licites.

Commencer

Faut-il savoir programmer pour faire de l'OSINT ?

Non, et c'est mesurable : sur les outils de ce catalogue, la majorité s'utilise depuis un navigateur, sans rien installer. Savoir écrire quelques lignes devient utile sur un seul point, le volume : vérifier trois cents sous-domaines à la main prend la journée, en script quelques minutes. Commencez par la méthode, qui est la partie difficile, et apprenez le code quand une tâche répétitive vous y pousse.

Combien de temps faut-il pour apprendre l'OSINT ?

Comptez une dizaine d'heures pour tenir une enquête simple de bout en bout, et plusieurs mois pour acquérir le réflexe de douter au bon moment. Les outils s'apprennent en une soirée ; ce qui prend du temps, c'est de reconnaître une coïncidence qui ressemble à une preuve. C'est pourquoi les exercices sur cas fabriqués, où la bonne réponse est connue, valent mieux que les tutoriels pour cette partie du métier.

Par quel outil commencer en OSINT ?

Commencez par les opérateurs de recherche avancée, qui ne demandent aucune installation et servent dans toutes les enquêtes. Savoir restreindre une requête à un site, à un type de fichier ou à une période règle une bonne part des recherches que l'on croit impossibles. Les outils spécialisés viennent ensuite, choisis par le type de point de départ : un pseudonyme et une adresse IP ne s'exploitent pas avec les mêmes.

Les outils OSINT gratuits suffisent-ils ?

Oui pour la quasi-totalité des enquêtes : les outils payants achètent du volume, de l'historique et du confort, rarement une capacité que le gratuit n'a pas du tout. Les deux exceptions réelles sont l'historique profond d'un nom de domaine et l'imagerie satellite récente à haute résolution, où l'archive se paie. Pour le reste, l'écart se joue sur le temps que vous y passez, pas sur ce que vous pouvez trouver.

Comment s'entraîner à l'OSINT sans enquêter sur quelqu'un ?

Sur des cas fabriqués, dont la réponse est connue, ce qui est la seule façon de savoir si votre raisonnement était juste ou chanceux. S'entraîner sur une personne réelle pose deux problèmes à la fois : vous traitez des données personnelles sans motif, et vous n'avez aucun moyen de vérifier votre conclusion. Les défis du bac à sable de ce site sont faits pour cela, et les concours de géolocalisation publics jouent le même rôle.

Par type de point de départ

Comment retrouver tous les comptes liés à un pseudonyme ?

On teste le pseudonyme sur des centaines de plateformes avec un chercheur de pseudonymes, puis on vérifie chaque résultat à la main. L'étape de vérification n'est pas optionnelle : ces outils signalent un compte dès que la page existe, or beaucoup de sites renvoient une page valide pour n'importe quel nom. Un pseudonyme courant produit mécaniquement des homonymes, et rien dans l'outil ne distingue la bonne personne de son homonyme.

Que peut-on apprendre d'une simple adresse e-mail ?

Une adresse e-mail révèle surtout où elle a servi : les services sur lesquels un compte existe, les fuites de données qui l'ont exposée, et parfois un nom ou une photo de profil laissés publics par un service tiers. Les outils procèdent par interrogation du formulaire de récupération de mot de passe, ce qui explique leur fragilité : un service qui modifie ce formulaire rend l'outil muet du jour au lendemain, sans que rien ne l'annonce.

Comment géolocaliser une photo sans métadonnées ?

On liste les éléments fixes visibles, puis on les cherche dans une base géographique interrogeable plutôt que sur une carte à l'œil. Un clocher, une ligne électrique, un type de glissière de sécurité, une enseigne : chacun réduit la zone. Les requêtes sur les données cartographiques ouvertes permettent de demander, par exemple, tous les ronds-points à moins de cent mètres d'une voie ferrée dans une région, ce qui transforme une recherche visuelle interminable en une courte liste à vérifier.

Que peut-on faire d'un numéro de téléphone ?

On identifie l'opérateur et le pays, on vérifie si le numéro est rattaché à des comptes de messagerie, et on cherche s'il apparaît dans des annuaires ou des annonces publiques. L'information d'opérateur est moins fiable qu'elle n'en a l'air à cause de la portabilité : un préfixe désigne l'attributaire d'origine, pas l'opérateur actuel. Les services qui prétendent donner un nom à partir d'un numéro reposent le plus souvent sur des carnets d'adresses téléversés par des utilisateurs, donc sans consentement des personnes concernées.

Comment enquêter sur un nom de domaine ou un site web ?

Quatre couches se lisent dans l'ordre : l'enregistrement du domaine et son historique, les certificats émis pour lui, les sous-domaines qu'il expose, puis les traces de ses pages dans les archives du web. L'historique compte plus que l'état actuel : le propriétaire d'un domaine est souvent masqué aujourd'hui alors qu'il apparaissait en clair avant la généralisation de l'anonymisation, et les certificats passés révèlent des noms de machines que l'on a cessé de publier.

Comment enquêter sur une entreprise et savoir qui la détient ?

On part du registre du commerce du pays d'immatriculation, qui est la seule source faisant foi, avant tout agrégateur. Le registre donne les dirigeants, les comptes déposés et l'historique des statuts ; les agrégateurs servent ensuite à relier une personne à ses autres mandats, dans d'autres pays. La difficulté réelle n'est pas de trouver la société mais de remonter la chaîne de détention quand elle traverse une juridiction qui ne publie pas ses bénéficiaires effectifs.

Peut-on identifier quelqu'un à partir d'une plaque d'immatriculation ?

Pas en Europe par des sources ouvertes : le fichier des immatriculations n'est pas public et son accès est réservé à des autorités et à des professionnels habilités. Ce qu'une plaque donne en revanche, c'est le pays et parfois la région d'émission, la période d'attribution, et la possibilité de retrouver le véhicule sur des photos publiées. Les services promettant un nom contre une plaque relèvent de l'arnaque ou du fichier détourné.

Comment suivre un portefeuille de cryptomonnaie ?

On lit la chaîne, qui est publique : un explorateur donne l'intégralité des transactions d'une adresse, leurs montants et leurs dates. La difficulté n'est pas la lecture mais le passage de l'adresse à la personne, qui ne se fait qu'aux points de contact avec le monde réglementé, typiquement une plateforme d'échange soumise à l'identification de ses clients. Les services de mélange brouillent la piste sans l'effacer, et l'analyse de regroupement d'adresses reste souvent possible.

Une adresse IP permet-elle de localiser quelqu'un ?

Elle localise un point de sortie de réseau, pas une personne, et souvent à l'échelle de la ville ou du pays seulement. Les bases de géolocalisation d'adresses IP se trompent régulièrement, parce qu'elles reposent sur des déclarations d'opérateurs et sur des blocs réattribués ; un opérateur mobile peut faire passer des milliers d'abonnés par un même point. Ce qu'une adresse IP donne de solide, c'est l'opérateur, le système autonome et le type d'hébergement.

Méthode et fiabilité

Comment vérifier qu'une photo est authentique et récente ?

On cherche d'abord si l'image existait avant la date annoncée, par recherche inversée sur plusieurs moteurs, car la réutilisation d'une vieille photo est de loin la manipulation la plus fréquente. Viennent ensuite les métadonnées, souvent effacées par les réseaux sociaux, puis la cohérence du contenu : ombres et heure solaire, végétation et saison, panneaux et langue, modèles de véhicules. Aucun de ces indices ne conclut seul ; ils se confirment ou se contredisent.

Comment éviter d'attribuer un compte à la mauvaise personne ?

On exige au moins deux éléments indépendants avant d'attribuer, et l'on énonce par écrit ce qui invaliderait la conclusion. L'erreur classique tient à la réutilisation : un pseudonyme identique sur deux plateformes ne prouve rien, parce que des milliers de personnes choisissent le même, et parce qu'un pseudonyme abandonné est réattribué au suivant. Un faisceau d'indices qui pointent tous la même direction peut aussi n'être que le reflet d'une source unique recopiée partout.

Comment documenter une enquête OSINT pour qu'elle tienne ?

On archive chaque source au moment où on la consulte, avec sa date et son adresse exacte, parce qu'une page citée disparaît ou se modifie sans prévenir. Un rapport utilisable sépare trois choses que l'on confond vite : ce que la source dit, ce que l'on en déduit, et le degré de confiance accordé à la déduction. Les captures d'écran valent pour l'illustration, l'archive horodatée vaut pour la preuve.

Une recherche OSINT laisse-t-elle des traces chez la cible ?

Oui, dès que l'on contacte directement l'infrastructure de la cible : une visite de son site, une analyse de ses ports, une consultation de profil sur un réseau professionnel apparaissent dans ses journaux ou ses notifications. La distinction qui compte est celle entre reconnaissance passive, qui interroge des tiers ayant déjà collecté la donnée, et reconnaissance active, qui interroge la cible. Les outils ne le disent presque jamais, et l'ordre dans lequel on les emploie devrait en tenir compte.

Pourquoi tant d'outils OSINT ne fonctionnent plus ?

Parce que la plupart dépendent d'une interface qu'ils n'ont pas écrite : une plateforme ferme son accès, modifie un formulaire, exige une authentification, et l'outil se tait. Les annuaires d'outils en portent la trace, avec des listes dont une part notable des liens ne répond plus depuis des années. C'est la raison pour laquelle ce catalogue contrôle ses adresses chaque jour et supprime un outil injoignable au lieu de le marquer inactif.

L'intelligence artificielle remplace-t-elle l'enquêteur OSINT ?

Non, et elle introduit un risque propre : un modèle de langage produit volontiers une source plausible qui n'existe pas, ce qui est exactement l'erreur que la méthode OSINT sert à éviter. L'apport réel est en amont et en aval : traduire, résumer un corpus, suggérer des pistes, trier du volume. L'attribution, la vérification et la décision de conclure restent humaines, parce qu'elles engagent une responsabilité qu'aucun modèle ne porte.

Droit et éthique

Peut-on utiliser des données issues de fuites ?

Vérifier qu'une adresse figure dans une fuite connue est une pratique courante et défendable ; consulter le contenu de la fuite, en particulier des mots de passe, est une autre affaire. Le contenu reste une donnée obtenue illicitement : le consulter ou le détenir peut constituer un recel, et les services qui le revendent monétisent le préjudice des personnes concernées. L'écart entre « cette adresse a été exposée » et « voici le mot de passe » est à la fois juridique et déontologique.

Le RGPD s'applique-t-il à une enquête en sources ouvertes ?

Oui dès que vous conservez de la donnée personnelle, même publique : le caractère public d'une information ne la fait pas sortir du RGPD. Constituer un dossier sur une personne est un traitement, qui demande une base légale, une finalité définie, une durée de conservation et le respect des droits de la personne. Des régimes particuliers existent pour la presse et la recherche, transposés pays par pays, et ils encadrent l'exception plutôt qu'ils ne la suppriment.

Peut-on enquêter sur un particulier ?

Cela dépend d'une seule chose, le motif, et le motif doit exister avant la recherche. Un intérêt légitime documenté, une procédure, une vérification avant contrat ou un travail journalistique sur un fait d'intérêt public tiennent ; la curiosité, la jalousie et le règlement de compte ne tiennent pas, et la même recherche devient alors un traitement illicite, voire du harcèlement. La question à se poser n'est pas « puis-je le trouver » mais « pourquoi est-ce que je cherche ».

Ce site

Qu'est-ce que Sentinelle Pulse Copilot ?

C'est une bibliothèque d'outils d'investigation en sources ouvertes, vérifiés chaque jour et décrits en français et en anglais, doublée d'un copilote qui transforme un point de départ en plan d'enquête ordonné. Le site est gratuit, sans compte, sans publicité et sans traceur. Il est créé et maintenu par Axel Coudassot-Berducou, analyste en géopolitique et intelligence stratégique, fondateur de Sentinelle Pulse.

Comment les outils du catalogue sont-ils vérifiés ?

Une tâche automatique interroge chaque adresse tous les jours et un outil qui ne répond plus est supprimé, jamais laissé en place ni marqué inactif. Un contrôle ne vaut toutefois que par sa prudence : une coupure réseau ou un pare-feu anti-robot produit de faux morts en série, et la règle est donc de ne retirer que sur un refus explicite du serveur, puis de recontrôler à la main avant toute suppression.

Le copilote d'enquête utilise-t-il une IA ?

Non : les plans d'enquête sont déterministes, produits sans modèle de langage, et à point de départ identique le plan est identique. C'est un choix, pour que le plan soit vérifiable et ne puisse pas inventer d'outil. L'assistant intégré, AXO, repose lui sur un modèle de langage, mais il conseille et explique : il ne produit pas les plans.

Le site interroge-t-il les services à ma place ?

Non : il construit des requêtes pré-remplies que vous ouvrez vous-même, et il ne contacte jamais la cible d'une enquête. C'est une décision de conception, pas une limite technique : une requête partie d'un serveur partagé mélangerait vos recherches à celles d'autres utilisateurs et vous priverait du contrôle de ce qui apparaît dans les journaux du service interrogé.

Existe-t-il une API pour récupérer le catalogue ?

Oui, sans authentification : le catalogue complet est servi en JSON et filtrable par identifiant ou par catégorie, et le corpus intégral est également disponible en texte brut, en français et en anglais. L'ensemble est documenté sur la page prévue à cet effet. Aucune clé n'est nécessaire et aucune limite de débit n'est appliquée aux usages normaux.

AXO

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